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Permettre aux alternants de se former en Europe

Elodie, Gestionnaire en Ressources Humaines

Europe - Alternance

Elodie Brunet est gestionnaire en ressources humaines chez Aptar Pharma. Son entreprise permet chaque année à une dizaine d’alternants d’aller travailler à l’étranger, soit sur l’un des sites internationaux du groupe, soit carrément dans une autre entreprise, avec maintien de salaire. Elle revient sur ce dispositif très spécial, financé par Erasmus+.

Quelle est l’activité d’Aptar Pharma ?
Nous fabriquons des systèmes de distribution pour voies nasale ou pulmonaire. Autrement dit, nous fabriquons des sprays, mais nous ne produisons pas de médicament. Nous sommes présents dans 19 pays à travers le monde, et comptons environ 1 000 collaborateurs rien que sur notre site du Vaudreuil (Eure), qui est à la fois notre siège et notre site de production principal.

Quelle est la place des alternants parmi ces collaborateurs ?
Nous avons signé 61 nouveaux contrats en 2018 et nous en avions déjà signé 43 en 2017, que ce soit en contrat d’apprentissage ou en contrat de professionnalisation. En tout, ce sont 80 alternants qui sont présents dans nos locaux. Nous recrutons en alternance du Bac au Mastère spécialisé et dans tous les domaines : tertiaire, maintenance, automatisme, recherche et développement (R&D), etc.

Chaque année, dans le cadre du programme Erasmus+, vous permettez à plusieurs alternants d’aller travailler dans d’autres entreprises. Expliquez-nous.
Tout a commencé il y a quatre ans lorsque j’ai repris la gestion des alternants chez Aptar Pharma. Le CFAI (Centre de formation des apprentis) de l’Eure m’a demandé si nous acceptions d’envoyer un de nos jeunes alternants à l’étranger dans le cadre du programme Erasmus+. L’agence européenne finance en effet la mobilité des alternants. Ainsi, un alternant en contrat dans une entreprise française peut aller travailler plusieurs semaines d’affilée dans une autre entreprise, dans l’un des 27 pays de l’Union, avec maintien du salaire versé par l’entreprise française.

Combien d’alternants chez vous en ont bénéficié cette année ?
En 2018, ils étaient six (4 BTS et 2 bac pro), partis entre trois semaines et deux mois. La durée du séjour dépend du niveau de formation : les bac partent plutôt trois semaines, les bac +2, six semaines, et les ingénieurs (bac+3, 4 et 5) deux mois.

Dans quels types d’entreprises sont-ils partis ?
Ils partent soit dans une autre entreprise, soit sur un autre site Aptar. S’ils partent sur l’un de nos sites, l’idée est qu’ils puissent travailler sur un projet commun avec le site de Vaudreuil, projet souvent en lien avec la R&D : transfert de machine, validation pour conformité, etc. Enfin, leur séjour à l’étranger fait partie d’un projet de mémoire dans leur formation.

Quels sont les avantages pour les alternants ?
D’abord développer leur autonomie : à leur retour, nous voyons bien qu’ils ont gagné en maturité. Ils sont souvent jeunes quand nous les recrutons et ont besoin d’accompagnement dans leur prise de poste. Or, dès leur retour, nous voyons qu’ils coupent le cordon d’eux-mêmes pour devenir des salariés à part entière, autonomes dans leurs démarches. Ensuite, cela favorise leur employabilité parce que les groupes internationaux cherchent des jeunes bilingues et autonomes. Enfin, l’immersion dans un pays est le meilleur moyen de s’améliorer en langues !

Et pour votre entreprise, quels sont les avantages ?
Le jeune alternant adopte un regard nouveau sur ses activités en découvrant le mode de fonctionnement d’une autre entreprise. Il/elle prend ainsi du recul sur son poste. Je pense par exemple à un jeune BTS qui est parti travailler cette année dans un garage automobile en Allemagne. Les procédures strictes d’utilisation des outils dans l’atelier lui ont appris une méthodologie de travail qu’il a pu appliquer dès son retour. L’activité n’était pas comparable à la notre mais la méthode de travail, si.

Pour une entreprise, ce départ avec maintien de salaire est quand même un coût ?
C’est un coût qui a des bienfaits compensatoires à moyen terme. Je dirais aussi que le dispositif est plus adapté aux grandes PME et grands groupes qu’aux artisans qui ne peuvent se permettre de laisser partir leur seul alternant.

En interne, comment les managers prennent-ils ces départs ?
Les managers y sont favorables ! Jai vu seulement deux refus : le premier pour des raisons de calendrier dans le service, mais le voyage a été différé ; le second, pour un alternant qui n’était pas assidu en cours. Or, nous voulons que le dispositif récompense d’abord les alternants qui s’investissent dans leur mission.