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Partir en stage à l’étranger pour mieux trouver du travail

Nicolas, Demandeur d'emploi

Pologne - Formation

Partir en stage à l’étranger pour mieux trouver du travail… en France. C’est l’une des opportunités du programme Erasmus+, dont a bénéficié Nicolas, jeune demandeur d’emploi. Parti un mois en Pologne, il revient remotivé et avec de nouvelles idées de carrière.

Tu reviens tout juste d’un mois de stage en Pologne. Quelle était ta situation avant de partir ?
Je cherchais un emploi ! J’avais fini mes études en 2016, après une Licence en Langues étrangères appliquées (LEA) à l’université Jules Verne d’Amiens. Une fois mes études terminées, je n’avais pas de travail, pas de permis de conduire, et je vivais – et je vis toujours – dans un village de 500 habitants à 50km d’Amiens. J’étais suivi par la Mission Locale de Picardie et Pole Emploi ; c’est une personne de la Mission Locale qui m’a parlé d’Erasmus+ qui finançait des stages à l’étranger pour de jeunes demandeurs d’emploi en zone rurale.

Que t’a proposé la Mission Locale ?
Un stage de 28 jours dans une entreprise polonaise, à Torun (250 000 habitants), à 300km au nord de Varsovie. L’entreprise produisait des systèmes antivol pour les téléphones et les ordinateurs dans les magasins. J’ai d’abord été chargé de traduire leur site en français, car j’avais fait de la traduction pendant mes études. Puis j’ai été chargé par le service import-export de trouver des clients en France, en contactant les entreprises françaises et en identifiant les bonnes personnes que les commerciaux pourraient ensuite démarcher.

Dans quel état d’esprit étais-tu avant de partir ?
Confiant ! J’ai accepté car c’était une opportunité. La situation m’était rendue plus simple pour plusieurs raisons. D’abord la Mission Locale s’est occupée du montage de dossier de A à Z. Ensuite la bourse Erasmus+ était confortable : 600€ pour le mois, ainsi que le voyage en avion payé jusqu’à Varsovie et l’hôtel payé. Et 600€ en Pologne, c’est plus qu’un salaire. Enfin, je parle quatre langues : français, anglais, italien et espagnol. Je parle aussi un peu russe, puisque j’ai passé mon dernier semestre d’études à l’université de St-Pétersbourg, dans le cadre d’un partenariat avec mon université.

Quels souvenirs gardes-tu de la Pologne ?
Je n’ai pas ressenti de choc culturel parce que j’ai connu la Russie avant ; en Pologne, on est entre le monde occidental et le monde russe. Malgré tout, dans le travail, j’ai été étonné de la modernité des équipements, des bâtiments, mais aussi des techniques de gestion de personnel, et de la confiance qui règne entre les salariés. Mais le plus compliqué à gérer pour un Français, c’est que les Polonais mangent beaucoup le matin, n’ont pas de pause déjeuner, et mangent le soir vers 17h. C’est perturbant au début !

Qu’est-ce que ce voyage a changé pour toi?
L’import-export en entreprise est un domaine auquel je ne pensais pas auparavant ; maintenant je peux envisager d’y faire une partie de ma carrière. Ensuite, sur le CV, cela m’apporte une nouvelle expérience et je sais que les employeurs y sont sensibles : quand les recruteurs voyaient que j’avais été en Russie, ils y voyaient une bonne capacité d’adaptation. J’ajouterais que l’expérience polonaise est encore plus gratifiante que les autres parce qu’elle m’a demandé plus d’autonomie et de débrouillardise.

C’est-à-dire ?
Eh bien le voyage aller que j’ai fait seul, de chez moi à Turun, n’était pas donné à tout le monde. Grâce au russe, je pouvais comprendre le polonais, mais je me demande comment font ceux qui ne parlent ni l’un ni l’autre. Et puis sur place, il y avait d’autres Français envoyés par la Mission Locale de Picardie : l’un d’entre eux n’arrivait pas du tout à s’adapter à la Pologne. Il faut donc se poser les bonnes questions avant de partir.