Les ambassadeurs

Expérimenter de nouvelles méthodes d’enseignement

Laurent, Enseignant

Finlande & Royaume-Uni & Malte & Belgique - Pédagogie

Laurent Lentrebecq, 48 ans, enseigne à des CM2 dans une école de Tourcoing (Nord). Habitué des projets Erasmus+, il évoque le dernier en date qui a opéré un vrai changement en lui. Tant sur le plan humain que pédagogique. Désormais, dans sa classe, place au travail collaboratif et manuel !

Vous avez mené plusieurs projets de partenariats pédagogiques européens depuis le début de votre carrière en 1995. Quel est le dernier en date ?
C’est un projet baptisé « Teachers on stage », qui se termine cette année et qui s’est traduit par 41 mobilités d’enseignants sur deux ans, en Finlande, au Royaume-Uni, à Malte et en Belgique. Le but était d’expérimenter de nouvelles méthodes d’enseignement : dans mon établissement, je voyais que certains élèves étaient peu motivés par les apprentissages, il fallait donc trouver de nouvelles façons de faire.

Concrètement, comment s’est déroulé ce projet ?
Mes collègues et moi sommes partis dans des classes étrangères pour enseigner le français langue étrangère (FLE) à des enfants, de la maternelle au CM2. Nous avons expérimenté des méthodes que nous utilisions déjà dans nos classes mais appliquées cette fois au FLE et dans une langue étrangère ! Cela nous a obligés à impliquer davantage les enfants, à sortir du système frontal d’enseignement pour enseigner, non pas face aux élèves, mais avec eux. Nous avons donc beaucoup pratiqué le travail collaboratif et nous avons fait une place aux outils numériques.

Les élèves finlandais étaient-ils réceptifs ?
Oui, même si certains n’avaient jamais lu ou entendu de français ! Il fallait les toucher autrement, par les arts, la littérature enfantine, le théâtre, les journaux télé, etc. C’était un défi.

De retour en France, qu’est-ce qui a changé pour vous ?
Cela a changé ma vision du système éducatif : nous sommes trop souvent face aux élèves, pas assez avec eux. En Finlande, j’ai découvert que la bienveillance pouvait être vécue et pas seulement lue dans les programmes. J’y ai appris la patience, le respect de la différence face à la vitesse d’apprentissage des enfants. En classe, certains d’entre eux étaient assis sur des ballons, d’autres par terre ou allongés sur des tables ; et malgré tout ils apprenaient !

Qu’avez-vous mis en application dans vos cours ?
L’interdisciplinarité d’abord : travailler plusieurs matières en même temps autour d’un projet de classe. Le travail manuel ensuite, qui est très présent en Finlande où, dès le CP, ils apprennent à travailler le bois ; à 6 ans, ils ont une scie à la main et peuvent s’initier ! Ils font également de la couture, du tricot. Cela donne une chance de s’épanouir et d’exprimer leur talent à des gamins qui n’ont pas le goût des matières abstraites. En France, j’enseigne dans un quartier REP+, classé prioritaire et violent. Eh bien, même avec des enfants durs, ces méthodes fonctionnent : je leur ai fait construire un nichoir ou encore tisser et ils adorent travailler avec leurs mains.

Sur le plan humain, que vous ont apporté ces voyages ?
Lorsqu’on part en mobilité, on part en équipe, c’est une histoire de groupe. Car il faut que ce soit une plus-value pour l’école dans son ensemble. D’ailleurs, Erasmus+ finance des écoles, et non des individus. Cette mobilité est un ballon d’oxygène pour les enseignants qui tombent dans la routine, qui s’ennuient et veulent rebondir.

 

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