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Enseigner en Italie

Valentina, Enseignante

Italie - Formation

Valentina Celi est enseignante-chercheure à l’ESPE (Ecole supérieure du professorat et de l’éducation, autrefois les IUFM) d’Aquitaine, à Pau. Par deux fois, elle est partie enseigner en Italie.

Qu’enseignez-vous ?
La didactique des mathématiques. Autrement dit, mes cours portent sur l’enseignement et l’apprentissage des mathématiques aux futurs professeurs des écoles. Pour vous donner un exemple, dans quelques-uns de mes cours, je traite des différents aspects du calcul, la façon de l’enseigner et des difficultés d’apprentissage sur ce sujet.

Vous êtes partie donner des cours en Italie, grâce à un financement Erasmus+. Pourquoi avoir fait ce choix ?
Je suis Italienne, arrivée en France en 1996, pour suivre mes études. J’ai achevé mon doctorat et suis devenue enseignante à l’université, en France. Vingt ans après, je pensais que cela pouvait être une bonne expérience pour moi de prendre du recul par rapport à ce que je fais ici. Je voulais voir comment on travaillait dans une autre université. C’est pourquoi j’ai déposé une demande en 2016. En plus, c’était l’occasion de le faire dans ma langue maternelle, ce qui a certainement facilité les contacts et la possibilité de donner des cours.

Racontez-nous comment se passaient vos cours…
Je suis partie donner des cours à l’université de Rome 3, pendant une semaine dans un département qui forme les futurs enseignants de l’école primaire. Le contact avec les étudiants a été formidable : ils se sont montrés intéressés, certains venaient me voir à la fin du cours. On peut vraiment dire que le courant est passé entre nous. Les quelques enseignants du primaire, invités à y assister, se sont montrés intéressés. Cela m’a donné envie d’y retourner en 2017, pour un deuxième séjour. Et pour l’année prochaine, j’ai déposé une troisième demande, qui a été acceptée.

Les demandes de financements ne sont-elles pas limitées ?
Je pensais que nous n’avions droit qu’à un financement tous les quatre ans. Or, j’ai appris qu’il était possible de faire la demande chaque année : en fonction des budgets disponibles, la demande est étudiée et acceptée.

Vos collègues font-ils beaucoup de demandes ?
A l’ESPE, je ne connais qu’une autre personne qui a fait une demande il y a plusieurs années. Parmi mes collègues, j’ai vu deux types de réactions lorsque je suis partie. Les premiers se disaient qu’eux aussi seraient bien partis s’ils maitrisaient la langue aussi bien que moi ; les seconds se sont dit : « ah d’accord, elle part en vacances ! ».

Qu’avez-vous répondu aux seconds ?
Quand je suis rentrée de voyage, j’ai collé une carte postale sur mon casier : c’était l’affiche du film Vacances romaines, avec Gregory Peck et Audrey Hepburn, pour que mes collègues continuent à croire que j’étais partie en vacances !

Que vous ont apporté ces deux voyages en Italie ?
Je partais avec l’idée de prendre du recul, et cela m’a réussi. Donner des cours dans une autre langue, sur un sujet que je traite depuis aussi longtemps, m’a aidée à mettre de l’ordre dans mes travaux. Par ailleurs, j’ai profité de cette semaine de cours pour prolonger mon séjour afin de faire des observations de classes dans des écoles italiennes. J’ai ainsi pu recueillir du matériel pour mes recherches.

Allez-vous faire des demandes de financement Erasmus+ pour d’autres pays ?
En ce moment, j’apprends l’espagnol mais je ne me sens pas de demander l’Erasmus+ en Espagne : je ne maîtrise pas suffisamment la langue. Pourquoi pas dans quelques années !

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