Les ambassadeurs

De nouvelles pratiques pédagogiques pour apprendre la robotique

Frédéric, Enseignant en ingénierie mécanique

Italie & Allemagne - Partenariat

Frédéric Xerri est professeur en ingénierie mécanique dans un lycée de Nogent-sur-Marne. En douze ans, il a mené trois grands projets impliquant plusieurs lycées européens. Le dernier en date, Eurlab, associe des établissements italien et allemand, mais aussi un partenaire industriel. Et les élèves en sont sortis… changés.

Vous coordonnez le projet Eurlab, qui réunit des lycéens de plusieurs pays européens autour de la robotique. Pourquoi ce choix de la robotique ?
D’abord parce que l’Europe est le leader mondial de la robotique, avec le Japon. Ensuite l’idée était de travailler sur un thème actuel et pluri-technique, c’est-à-dire où il est impossible pour une seule personne de maitriser toutes les compétences, un thème où la nécessité de travailler en groupe s’impose.

Quel est le principe d’Eurlab ?
Il s’agit de créer des contenus pédagogiques intéressants pour les élèves et de les faire travailler ensemble. Pour cela, en collaboration avec des lycées allemand et italien, nous avons créé trois workshops lors desquels nous proposions aux élèves en bac pro ou en BTS de mener des expériences robotiques sur 1 journée du type pilotage moteur ou création de pièces simples. Ils étaient obligés de s’aider mutuellement pour réussir. Ces workshops étaient entrecoupés de visites culturelles et de challenges sportifs pour fédérer les élèves. Puis pendant deux jours, ils relevaient un autre challenge où nous leur demandions « créez ce que vous voulez ! »

Vous avez mené d’autres projets de partenariat par le passé. Celui-ci est-il différent ?
Oui, nous sommes passés au niveau supérieur en matière de pédagogie : par le passé, nous faisions travailler les élèves d’un côté, et les enseignants de l’autre. Avec les nouvelles ambitions d’Erasmus+ depuis 2014, nous travaillons sur de nouvelles approches pédagogiques : classe inversée, learning by doing, collaborative learning. C’est plus proche du management sportif que du management individuel.

De tels partenariats seraient possibles entre lycées d’un même pays. Pourquoi choisir l’échelle européenne ?
Parce que c’est parfois plus facile que de travailler avec les lycées de son propre pays ! Et puis j’avais envie d’ouverture vers l’extérieur pour nos élèves dont certains n’ont jamais quitté l’Ile-de-France. Etre en contact avec des Européens, c’était énorme pour eux ! Ca a cassé leurs barrières mentales, les a sortis de leur routine, les a fait voyager et prendre confiance en eux.

Et ils ont progressé en langues…
Beaucoup ! Justement, la langue participe de ce gain de confiance : lorsqu’ils se rendent compte qu’il faut parler avec les étrangers, ils pensent qu’il faut parler parfaitement… et rapidement ils se rendent compte qu’on s’en moque : ce qui intéresse les entreprises, ce sont des gens qui parviennent à se faire comprendre et à communiquer facilement, sans que ce soit parfait.

Cette expérience leur a-t-elle donné des idées pour la suite de leurs études ?
Cela a donné envie aux élèves de voyager ou de travailler dans des projets multiculturels. La notion d’identité – qui est très débattue en France – se comprend, non pas en étudiant directement la notion dans des cours, mais en travaillant ensemble sur autre chose, telle que la robotique. C’est cela l’apport d’Erasmus.

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