Les ambassadeurs

Apprendre la chaudronnerie en Estonie

Ludovic, Apprenti

Estonie - Stage

Ludovic était en Première en apprentissage aux Compagnons du devoir lorsque ses maîtres lui ont proposé de partir 3 semaines en Estonie, avec Erasmus+.

Vous avez à peine 18 ans et vous êtes déjà parti en Erasmus+. C’était donc pendant le lycée ?
Oui, c’était en 2015, j’avais 16 ans et je suis parti en Estonie pendant trois semaines. J’étais alors en apprentissage aux Compagnons du Devoir à Colomiers (Haute-Garonne), près de Toulouse ; j’étais en Première professionnelle RCI (réalisation en chaudronnerie industrielle). Le chaudronnier est celui qui fait de la mise en tôle : avec une feuille en tôle, on réalise des ballons d’eau chaude, des pièces pour l’aéronautique ou pour le nucléaire.

Comment avez-vous appris que vous pouviez partir à l’étranger à 16 ans ?
Ce sont les Compagnons du Devoir qui proposaient ce voyage. En fonction de la spécialité (maçonnerie, charpente, etc.), chaque classe partait dans un pays différent : certains sont allés en Italie, d’autres en Pologne. Nous, les chaudronniers – 8 dans la classe – sommes partis en Estonie.

Comment avez-vous préparé votre départ ?
La partie administrative a été entièrement prise en charge par l’école, ainsi qu’une partie financière (la nourriture et le logement). Seul le billet d’avion restait à notre charge. En effet, en tant qu’apprentis, nous étions rémunérés. En nous faisant payer le billet, l’école voulait nous faire mesurer la valeur de l’argent.

Ce voyage se faisait sur le temps en entreprise de votre contrat d’apprentissage. Comment a réagi votre employeur français en apprenant que vous alliez partir 3 semaines ?
Il fallait de toutes façons son accord. Mais les conditions étaient posées ainsi : « Soit votre apprenti part et découvre un autre pays, soit il reste en France mais devra rester au lycée. » Mon patron a été ravi que je parte. Les patrons ne sont peut-être pas assez au courant de ce qu’on va faire là-bas, de ce que ça nous apporte.

Vous n’étiez pas jaloux de ceux qui partaient à Rome ?
Non car Talin est une belle ville à découvrir, pleine de mouvements et d’activités. Et puis les Compagnons du Devoir nous envoient là où c’est intéressant pour nous : en Estonie, il y a une grosse activité de chaudronnerie et beaucoup d’entreprises.

Comment s’est passée votre arrivée en Estonie ?
Nous avons atterris à Talin, la capitale, puis on a pris le car jusqu’à la petite ville où se trouvait le lycée dans lequel nous étions accueillis. On a été accueillis comme des rois ! Ils ne voyaient pas tous les jours des étrangers et se sont montrés très curieux.

Quelle était votre journée-type ?
La première semaine, on découvrait le pays : nourriture, coutumes, infrastructures, etc. C’était intéressant parce qu’on sentait encore les traces de l’URSS. Puis, les semaines suivantes, nous étions en entreprise. Je n’avais pas des horaires de grand travailleur : 8h-12h puis une heure de travail l’après-midi. Ca permettait de se donner à fond la matinée et de pouvoir observer les pratiques. Par exemple, l’environnement de travail estonien est très différent : en France, on est très portés sur la sécurité. Là-bas, chacun prend ses précautions pour soi.
Il a changé ma façon de voir le travail. Je me rends compte que les entreprises sont vraiment différentes d’un pays à l’autre. Et puis, j’ai plus de connaissances : dans ma façon de travailler, je reprends parfois des techniques vues là-bas. Je conseillerais à tous les apprentis de faire ce voyage ! C’est nécessaire de voir le monde du travail, de sortir de son pays et de voir comment ça se passe ailleurs.

 

Pour découvrir la Maison de Colomiers, siège régional (Midi-Pyrénées) des Compagnons du Devoir : http://www.compagnons-du-devoir.com/la-maison-de-colomiers-siege-regional