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Entretien

Europavox : la démonstration en musique de la devise de l’Europe «Unie dans la diversité»

Le 06 mai 2015

François Missonnier, organisateur du festival Europavox – et de Rock en Seine –, nous parle de la 10ème édition du festival, de musique, de son engagement européen et aussi d'Erasmus.

ENTRETIEN. François Missonnier, organisateur du festival Europavox – et de Rock en Seine –, nous parle de la 10ème édition du festival qui se tiendra du 23 au 25 mai à Clermont-Ferrand, de musique, de son engagement européen et aussi d’Erasmus.

Ma passion pour la musique remonte à assez longtemps. Quand j’étais adolescent, je suis tombé dans la discothèque de mes parents… Je ne m’en suis jamais vraiment remis. Ensuite, j’ai toujours continué à écouter de la musique. J’aime découvrir de nouveaux artistes, ça ne m’a jamais quitté. En plus, j’ai eu la chance de pouvoir en faire mon métier : j’ai créé Rock en Seine en 2003 puis Europavox en 2006.
Je suis toujours très curieux, je suis de très près l’actualité. C’est mon quotidien : découvrir des groupes que je ne connais pas, aller les voir dans des petites salles. Je vis à Paris : j’ai la chance de pouvoir voir beaucoup d’artistes !

Comment est né le Festival Europavox ? Qu’est-ce qui le différencie des autres festivals, de Rock en Seine par exemple ?
Europavox est né de la volonté de la région Auvergne. Je suis Auvergnat d’origine, de Montluçon… Après la naissance de Rock en Seine, j’ai eu la chance de discuter avec le président de la région de l’époque, Pierre-Joël Bonté -qui nous a quitté depuis- et Catherine Henri-Martin, vice-présidente en charge de la Culture. Ils souhaitaient proposer aux Auvergnats un événement, un festival, avec une personnalité, une patte qui le différencie des grands rassemblements musicaux qu’on peut trouver ailleurs en France. Je leur ai proposé de créer ce festival et de le positionner sur la découverte et particulièrement sur la découverte d’artistes européens. C’était en 2006… Juste après le référendum sur l’Europe.
Je suis très sensible aux questions européennes, avec un point de vue citoyen. Je trouve que l’Europe est un projet politique et humain d’une beauté absolue. Le principe en est pourtant simple : on n’est pas pareil, mais en vivant ensemble, avec nos différences, on renforce le projet plus qu’on ne l’affaiblit.
En plus d’être un beau projet,  la construction européenne est un projet utile. Je suis persuadé que c’est dans ce sens-là qu’il faut aller. Mais à l’époque de la création du festival, c’était assez compliqué de retrouver dans les médias, dans les discours des politiques, l’essence même de ce qui fait ce projet : l’humain. Ce que j’ai conçu avec Europavox, c’est une sorte de démonstration en musique de la devise de l’Europe « unie dans la diversité ». Je voulais montrer que ça existait dans quelque chose de proche des gens : la musique, le concert, la fête dans une salle de concert ou sur une place de centre-ville. Europavox est né comme ça, sur la base d’un concept assez simple : un festival axé sur la diversité musicale européenne.

Vous avez parlé d’Europavox comme de « l’Erasmus de la musique »
Oui, c’est l’image la plus percutante que j’ai pu trouver. Erasmus est, à mon sens, le seul projet européen qui véhicule réellement une dimension à la fois citoyenne, jeune et dynamique. C’est aussi le seul qui, en terme de communication, a réussi à marquer des générations de jeunes européens. L’idée, c’était d’appliquer ça à la musique.

On retrouve chaque année à Clermont-Ferrand des groupes venus de toute l’Europe. Comment faites-vous pour les repérer ?
On a voulu éviter l’écueil de programmer les meilleurs groupes de Pologne, de Norvège ou d’Espagne depuis Clermont-Ferrand. Pour sortir de cette vision strictement française de la direction artistique, on s’est appuyé sur un réseau de journalistes, de programmateurs de festival, de directeurs de salle de spectacle, partout en Europe. On a un réseau de partenaires – ils sont tous devenus des amis – d’une centaine de correspondants qui connaissent Europavox et qui, tous les ans, nous proposent des noms d’artistes de leurs pays, dans tous les genres musicaux. C’est un réseau qu’on a bâti patiemment, année après année. Et nous, chaque mois de décembre, on récupère toutes ces informations et l’équipe qui s’occupe de la programmation du festival écoute tout et construit l’affiche autour de ces propositions.
Europavox a la particularité de se développer au fil des ans et de programmer à la fois des artistes très connus, européens et aussi français, dans la grande salle du Forum ; et à la fois des artistes moins connus. Les artistes annoncés jusqu’à présent sont les têtes d’affiche : Placebo, Selah Sue, Fauve, The Do, etc. On finalise actuellement la programmation des découvertes. Il y aura au final une cinquantaine d’artistes, d’une vingtaine de nationalités.
Dans le passé, il y a eu de très belles histoires… Beaucoup d’artistes ont fait leur première grande scène chez nous : Agnès Obel, Benjamin Clementine, Woodkid,… Cette année, mon coup de cœur est un jeune groupe espagnol qui s’appelle Mourn. J’ai vraiment adoré !

Le festival accueille le Club Erasmus+ depuis l’année dernière…
Le Club Erasmus+ est un clin d’œil. Erasmus soutient le festival depuis quelques années et à nouveau cette année. Le choix a été d’associer ce « label Erasmus » à la scène qu’on dédie aux découvertes musicales les plus intéressantes de la programmation. C’est un club de 500 places, avec un bar, un très bel équipement son et lumière, en accès gratuit. Tout le monde peut en profiter durant  les trois soirées du festival. Il y aura de la chanson, de la pop, du rock, des nuits électro. Ce sera au diapason de la diversité de la jeunesse « Erasmus ».

Si vous deviez définir Erasmus+ en un mot ?
En un mot… ce serait « générosité ». C’est un programme qui suscite beaucoup d’émotion. Parce qu’au final, c’est vraiment ça !

 

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