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Les ambassadeurs

Être demandeur d’emploi et suivre une formation à Londres

Sira, Demandeur d'emploi

Royaume-Uni - Stage

Après ses études, Sira cherchait un emploi. Sa conseillère Pole Emploi lui a parlé du dispositif Erasmus+ qui lui a permis de partir en stage quatre mois à Londres.

Comment avez-vous connu Erasmus+ ?
Etant Espagnole, je faisais mes études de psychologie en Espagne. Pour achever ma Licence, je suis partie en Erasmus en France, à Strasbourg, pendant toute l’année scolaire 2012-2013. C’était mon premier voyage d’étudiante.

Cela veut dire que vous êtes repartie ensuite ?
Oui, mais pas avec Erasmus. J’ai validé un master 2 en Psychologie clinique à l’université de Bourgogne, à Dijon, en tant qu’étudiante internationale à titre individuel. Puis, à peine mes études achevées, je suis repartie à l’étranger une troisième fois, avec Erasmus, en tant que demandeuse d’emploi.

Vous voulez dire qu’Erasmus+ finance des séjours à l’étranger pour des demandeurs d’emploi ?
Exactement ! Quand j’ai fini mes études, ma conseillère Pole Emploi m’a proposé d’entrer dans le dispositif, qui était cofinancé par l’Europe (plus de 3 000€) et la région Bourgogne-Franche-Comté (environ 2 000€). Il fallait remplir un dossier, motiver la demande… et attendre. J’ai été sélectionnée ; j’avais le choix entre l’Irlande et le Royaume-Uni. J’ai finalement trouvé un stage à Londres, où je suis partie quatre mois entre janvier et mai 2017.

Dans quelle structure avez-vous fait votre stage ?
Dans une association – Barnet Refugee Service – qui s’occupe de l’accueil de réfugiés (cours d’anglais, accueil psychologique, conseil légal, etc.) J’étais l’assistante du chef de coordination de projet.

Pourquoi partir à l’étranger pour faire un stage ?
D’abord, je travaillais facilement en espagnol et en français, mais je voulais avoir une expérience de stage en anglais. Ensuite, je m’intéresse beaucoup à l’enfance dans mon travail et j’ai vu beaucoup d’enfants dans les publics accueillis lors de ce stage. Enfin, changer de pays, être dans une culture différente, cela nous apporte énormément sur le plan personnel.

Et professionnellement, qu’est-ce que cela vous a apporté ?
Beaucoup d’outils et de compétences. Les missions qui m’étaient confiées étaient variées, notamment de la coordination de projet. Et puis en rentrant en France, je me suis rendu compte que cette expérience londonienne était très reconnue dans mon secteur d’activité. Il était soudain facile pour moi de trouver un stage en France en psychologie, dans les centres médico-sociaux : lorsque les recruteurs voient que je suis partie à l’étranger, cela suscite des questions et de l’intérêt. Ils savent que je parle une autre langue, que je connais le savoir faire d’un autre pays et donc que j’ai une boite à outils plus grande.

Cela a débouché sur un stage ou un emploi ?
Cela aurait pu. Mais j’ai pris une autre décision : commencer un doctorat. Le fait de travailler auprès d’enfants réfugiés m’a donné envie de chercher comment les aider davantage. Je voyais que peu de personnes pouvaient les aider. Avec ce doctorat, je veux trouver des pistes de prise en charge pour faire de la prévention, améliorer l’accueil et le soutien psychologique pour que les possibles troubles psychologiques soient pris en charge le plus tôt possible et soient moins handicapants par la suite ; je voudrais ainsi faire en sorte que ce ne soit plus des familles entières qui entrent dans des troubles mentaux.

Vous êtes membre d’ESN (Erasmus Student Network). Pouvez-vous nous en parler ?
C’est une association qui accueille les étudiants internationaux – Erasmus et autres. Ce sont des étudiants qui aident et accueillent d’autres étudiants. Nous les aidons à découvrir la ville, nous les mettons en contact avec des étudiants locaux, nous promouvons la culture du pays d’accueil et de la ville, nous organisons des voyages, des soirées.

Vos amis d’ESN connaissaient-ils le dispositif Erasmus+ d’aides aux demandeurs d’emploi ?
Peu d’entre nous le connaissaient ! C’est d’ailleurs comme cela que j’ai compris à quel point c’était extraordinaire de faire cette expérience. C’est une super opportunité, que tous les conseillers Pole Emploi ne connaissent pas ; ou bien les demandeurs d’emploi sont réticents à partir.