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Les ambassadeurs

Avoir un handicap et étudier en Europe

Audrey, Etudiante

Royaume-Uni & Espagne - Etude

Audrey est partie deux fois grâce à Erasmus+. Tétraplégique, elle a parcouru l’Europe comme des milliers d’autres étudiants. Avec les mêmes craintes et les mêmes attentes.

Comment avez-vous entendu parler d’Erasmus + la première fois ?
Un séjour Erasmus + d’un semestre était obligatoire en licence dans mon cursus de Langues étrangères appliquées (LEA) anglais-espagnol, à l’Université de Pau et des pays de l’Adour. Nous avons donc eu une réunion pour en parler.

Avez-vous trouvé les démarches faciles ?
Il y avait beaucoup de papiers à remplir. C’était difficile pour moi qui suis en situation de handicap, car je devais remplir un autre dossier assez imposant en plus du dossier Aquimob (dispositif de la région Aquitaine). Ah, la France et les papiers ! Mais c’était pour la bonne cause.

Vous êtes donc partie pendant votre année de Licence ?
Oui, de septembre à décembre 2013 à l’université de Sheffield, en Angleterre. J’avais 20 ans et je voulais améliorer mon anglais. Puis, je suis repartie deux ans plus tard, dans le cadre de mon master 2, en Espagne cette fois, à l’université de Alcalá de Henares. J’ai choisi l’Espagne pour obtenir un double diplôme franco-espagnol (M2 Communication interculturelle, interprétariat et traduction dans les services publics) et ce séjour a duré 9 mois.

Aviez-vous des craintes avant de partir ?
Côté administratif j’ai été très bien encadrée par mon université ; côté financier je n’ai pas à me plaindre. Mais côté logement et accessibilité, c’est autre chose. Tout le monde essaie de faire de son mieux – enfin, ça dépend – mais il y a beaucoup de travail à faire concernant l’encadrement du handicap. Entre la théorie et la pratique, il y a un monde ! Pour mon premier séjour, un étudiant en situation de handicap était parti avant moi donc il a pu me donner pas mal de tuyaux. Mais pour mon deuxième séjour, c’est moi qui ai déblayé le chemin. On a toujours des craintes ; j’avais peur de ne pas trouver de logement adapté et de me retrouver livrée à moi-même.

Quel était votre rythme de vie ?
J’avais très peu de cours et beaucoup de travail personnel. En dehors des cours, comme tous les jeunes de mon âge, je sortais et je parcourais le pays.

Comment avez-vous été accueillie sur place ?
Ça dépendait des personnes : il y a des imbéciles partout, comme il y en a en France. Globalement, je dirais que les Anglais sont très ouverts d’esprit donc j’étais beaucoup plus à l’aise en Angleterre qu’en Espagne.

Quel est votre meilleur souvenir ?
Lors de mon séjour à Alcalá j’ai gagné un concours qui m’a permis de réaliser mon rêve : partir à New-York !

Que conseillez-vous aux jeunes étudiants souffrant d’un handicap désireux de partir étudier à l’étranger, mais hésitants ?
De foncer ! Que l’on soit valide ou en situation de handicap, la peur est présente. Certes, pour nous elle l’est encore plus mais personnellement, c’est la peur qui me pousse à toujours me dépasser. Voyager et partir à l’étranger c’est la meilleure école de la vie.

Qu’a changé ce voyage Erasmus+ dans votre vie ?
J’ai pris confiance en moi et j’ai appris beaucoup sur moi. De plus, je gère plus facilement mon handicap et ses contraintes au quotidien : je suis beaucoup plus détendue pour gérer les difficultés car je suis préparée à faire face aux imprévus.

Quels sont vos projets aujourd’hui ?
En septembre 2017, je commence un stage au Comité économique et social européen à Bruxelles : j’ai toujours voulu travailler dans une institution européenne.

En savoir plus sur l’accompagnement des personnes en situation de handicap par Erasmus + : http://www.generation-erasmus.fr/erasmus-handicap/