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Les ambassadeurs

Enseigner dans un université européenne

Maria-Helena, Enseignante

Europe - Formation

Maria-Helena a passé toute sa carrière d’enseignant-chercheur en linguistique portugaise à l’université Paris 8. Elle est aujourd’hui professeure émérite. Dès les premières années de la création d’Erasmus, elle a profité du dispositif pour rencontrer ses pairs en Roumanie et au Portugal. Et elle ne s’est jamais arrêtée.

Quel a été votre premier lien avec Erasmus ?
C’est une demande de voyage à l’Université Nouvelle de Lisbonne en 1988. La participation des enseignants à Erasmus a toujours été très importante dans la création des liens entre les universités. Ces liens permettent un très bon fonctionnement, parce qu’à la base du contrat, il y avait une entente entre les collègues.

Une fois revenue de ce voyage, êtes-vous repartie ?
Je suis retournée au Portugal en 1995, à l’Université de Porto ; puis en Roumanie, d’abord à Bucarest, puis à Constanta et enfin à Cluj-Napoca. Ainsi, pendant 25 ans je suis partie régulièrement en Roumanie et/ou au Portugal. Mes séjours duraient entre 7 et 10 jours. C’étaient des missions très intenses.

De quoi étaient faites vos journées pendant ces voyages ?
De cours, de conférences, de réunions pour l’accueil des étudiants Erasmus afin de les renseigner sur les possibilités de venir à Paris 8, de réunions de recherche avec des collègues pour développer l’enseignement des langues romanes (portugais, espagnol, catalan, français, italien, roumain) et les recherches sur ces langues au sein de nos équipes de recherche.

Cela vous demandait-il beaucoup de travail ?
Surtout de la préparation. Par exemple, pour les cours, nous nous mettions d’accord avec l’enseignant quelques semaines avant pour savoir ce qu’on allait faire ; mes cours et conférences étaient adaptés à la demande de mes collègues.

Qu’est-ce qui vous a poussé à renouveler ces voyages aussi souvent ?
L’enrichissement personnel et professionnel, la découverte de l’enseignement et de la recherche dans d’autres pays. Je pense que c’est une chance énorme de rencontrer des collègues et étudiants d’autres pays, de connaître l’histoire et les problèmes sociaux d’autres cultures. Et puis je suis convaincue que ces liens sont structurants pour l’Europe car ils construisent des liens profonds entre les modes de vie.

Tous vos collègues partageaient-ils votre enthousiasme ?
Il y a trop peu d’enseignants prêts à partir et c’est dommage. Certains pensent que les démarches et le voyage sont trop fatigants, qu’ils faut travailler davantage pour préparer le travail dans l’université d’accueil et compenser les cours qu’on ne pourra pas donner en France, pendant son absence. Je peux les comprendre. Mais je les encourage à franchir le pas, c’est tellement enrichissant.

Un enrichissement professionnel ?
Pas seulement ! Les voyages Erasmus tissent des liens professionnels mais aussi personnels : j’ai gardé des amis collègues en Roumanie qui me proposent de venir en vacances chez eux ; d’anciens étudiants viennent aujourd’hui me saluer quand je retourne dans l’Université où ils ont fait leurs études et ceux qui sont devenus maîtres de conférences m’accueillent dans leurs cours à l’occasion de mes visites Erasmus+. Ce sont des amis. Et c’est cela qui fait la force d’Erasmus+ : ce sont des liens plus profonds que les liens institutionnels. A l’université – et dans la vie en général – on ne peut pas mettre les choses dans des cases : il faut établir des liens enrichissants et respectueux. Erasmus+ les favorise.

Que rapportiez-vous de ces voyages ?
Je racontais à mes étudiants comment les autres jeunes Européens travaillaient, quelles étaient leurs difficultés. Ils se rendaient ainsi compte qu’en Roumanie les conditions de vie étaient beaucoup plus difficiles que les leurs. Les étudiants étaient des éponges lorsque nous leur racontions cela. Ça les motivait à se déplacer, à voyager.

Depuis 2014, Erasmus+ a-t-il changé quelque chose pour vous ?
Non, les démarches et les voyages sont restés les mêmes !

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