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Entretien

Captain Europe : « L’Europe fait face à des défis importants. C’est aussi à la jeunesse de les relever ! »

Le 27 avril 2016

Captain America est le héros de l’Amérique. Ici, nous avons Captain Europe ! Ultra actif sur les réseaux sociaux, dans la vie réelle aussi, il n’a qu’une ambition : aider ces concitoyens à mieux comprendre l’Europe !

Je suis bien occupé ces temps-ci. Plein de travail dans ma vie de jour. Pour les événements, j’essaie de ralentir un peu pour quelques semaines. Mais je suis toujours actif sur les médias sociaux.
C’est une période chargée pour moi. Nous vivons une époque intéressante (au sens de la malédiction chinoise), avec de nombreux défis : migration, terrorisme, « Brexit », etc. Ce qui me frappe lors de mes interventions dans les médias sociaux, c’est que ceux qui proposent le « Brexit » semblent penser que tout tourne autour d’eux. Et que je suis là pour faire campagne contre le « Brexit ». En réalité, je fais exactement la même chose depuis 2009. J’essaie d’informer et d’expliquer.

Quels sont vos combats ?
Les combats changent tout le temps. En 2009, ma campagne était surtout une campagne d’information. J’essayais de faire disparaître des malentendus autour de l’Europe et de ses pouvoirs. Et aider les gens à faire valoir les droits et avantages que l’Union européenne leur offrait. Maintenant, il s’agit toujours d’informer et d’expliquer, mais sur d’autres dossiers.
Je suis là pour attirer l’attention sur ce que l’Europe fait, sur ce qu’elle peut faire et aussi sur ce qu’elle ne fait pas… J’ai un regard critique. Surtout vis-à-vis des pouvoirs politiques qui font les choses à moitié. Par exemple, l’Euro a connu certaines difficultés ces dernières années… En partie parce que c’était un projet politique inabouti qui a dû faire face à une crise économique et fiscale historique. Quand on fait les choses à moitié, qu’on n’est pas honnête avec le citoyen et qu’on n’est pas prêt à assumer les décisions nécessaires pour faire fonctionner le projet à fond, alors oui, je deviens assez critique.

« Mes ennemis sont : la peur, la haine, l’incompréhension, la xénophobie »

Pour quelles valeurs vous battez-vous ? Quels sont les adversaires de Captain Europe ?
L’Europe est fondée sur toute une série de valeurs. De solidarité notamment, mais aussi de paix, de démocratie et d’entente entre les peuples. L’organisation actuelle de l’Europe ne permet pas de faire vivre suffisamment ces valeurs dans le quotidien des gens. Et quand les choses fonctionnent mal, il est facile pour les hommes et les femmes politiques au niveau national de dire que c’est la faute de «Bruxelles». Il faut avoir le courage d’assumer, d’expliquer ce que l’on fait au citoyen et de faire les choses à fond.
Aucune personne ou organisation ne représente l’Ennemi. Mes ennemis seraient plutôt certains sentiments ou certaines émotions : la peur, la haine, l’incompréhension, la xénophobie, etc. L’ennemi du super-héros est généralement l’ennemi de la chose publique. Et l’ennemi numéro 1 de la chose publique, c’est la corruption. Que ce soit au niveau des transports, de l’environnement, du social, de la fiscalité, etc., tant qu’il y aura de la corruption, on aboutira à l’échec. Je pense que tous les super-héros, mais aussi la justice quotidienne, devraient faire de la corruption leur priorité numéro 1.

C’est la lutte contre la corruption qui vous a poussé à vous lancer dans la carrière de super-héros ?
La vérité est beaucoup plus banale… Après avoir vu des super-héros – des gens déguisés en Superman, Batman – lors d’un carnaval, je me suis dit : « Comment se fait-il que l’Europe n’ait pas son propre super-héros ? » C’était surtout une manière un peu ludique de dire : « Nous sommes dans la capitale de l’Europe (NDLR : Captain Europe est installé à Bruxelles), nous méritons notre propre super-héros.»
Je ne suis pas un grand lecteur de comics. Mais j’ai bien aimé la série télévisée « Batman » des années 60. J’ai aussi fait la connaissance de Superdupont lors de mes études en langue française. Je sais qu’il existe aussi un Captain Britain. Je ne suis pas le 1er super-héros européen !

Vous avez fait une partie de vos études à l’étranger ? Erasmus ?
Je n’ai pas fait Erasmus… J’ai fait mes études dans mon pays d’origine. Mais j’ai travaillé une année dans deux autres pays européens pendant que j’étais étudiant. Des petits boulots dans l’hôtellerie, dans les assurances, etc. C’était une belle expérience !
J’ai bénéficié de la libre circulation des personnes à une époque où c’était encore relativement nouveau ! Rencontrer plein de personnes et découvrir d’autres cultures, ça m’a enrichi. Ce sont ces années qui m’ont donné mon caractère européen. Les jeunes de ma génération ont aussi beaucoup utilisé le pass interrail pour passer un mois à traverser l’Europe.

Quel message souhaitez-vous transmettre aux Erasmus et à la jeunesse européenne en général ?
L’Europe n’est pas quelque chose de donné. Il faut l’apprécier et la soigner. Elle fait face à des défis importants. C’est aussi et surtout à la jeunesse de les relever. Déjà en l’appréciant et en défendant les acquis dont nous profitons tous.
Erasmus est une très bonne illustration de ce que je viens de dire. Connaître l’Europe et aller à la rencontre d’autres cultures et d’autres langues est très important !

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